Au Koweït comme en Inde, les chaleurs record mettent les réseaux électriques à rude épreuve Attribution+  —  Les épisodes de chaleur qui frappent certaines parties du globe n'affectent pas que les organismes. Les températures extrêmes ont à certains endroits créés des tensions sur l'approvisionnement en électricité. ... Radio France Internationale 2 hr
Kenya: journée de mobilisation historique contre la loi finances Attribution+  —  Au Kenya, ce jeudi 20 juin était une journée de mobilisation historique pour le mouvement « Occupy Parliament » contre la loi de finances 2024. Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues des principales villes du pays pour protester contre de nouvelles taxes, notamment sur des produits de base.  ... Radio France Internationale 3 hr
Apprenez l'anglais Public Domain  — Voulez-vous améliorer votre anglais? Anglais Télé, notre programme interactif (multimédia), vous offre une plateforme pour la pratique. ... Voix de l'Amérique 3 hr
L'acteur Donald Sutherland, figure des «Douze Salopards» et de «Hunger Games», est mort Attribution+  —  Donald Sutherland, acteur éclectique propulsé par le classique Les Douze Salopards et connu des jeunes générations comme dictateur de la saga Hunger Games, est mort à l'âge de 88 ans, a annoncé ce jeudi son fils, qui a salué l'un des « acteurs les plus importants de l'histoire du cinéma ». ... Radio France Internationale 3 hr
Dans le sud de la Chine, des habitants sous le choc des inondations mortelles Attribution+  —  Le nord de la Chine à sec et le sud sous les eaux. Les pluies torrentielles qui ont frappé la région de Guilin mercredi 19 juin ont fait 13 victimes et 17 disparus. ... Radio France Internationale 4 hr
RM Show -Afro Music et RM Afro Hit-Parade Public Domain  — - Roger Muntu (RM Show) propose notamment d'écouter de la musique africaine, des articles sur l'actualité Afro Music, des reportages et interviews sur des événements et spectacles africains aux USA ou en Afrique. Contactez nous sur facebook: Roger Muntu Lavoix de l'Amerique ... Voix de l'Amérique 4 hr
Euro 2024: l'Espagne trop forte pour l'Italie et qualifiée pour les huitièmes de finale Attribution+  —  Dans le choc du premier tour du Championnat d'Europe des nations, l'Italie n'a pas existé face à une solide équipe espagnole, jeudi 20 juin. Dominés de bout en bout, les champions d'Europe se sont inclinés logiquement à Gelsenkirchen (1-0). La Roja a déjà son billet pour la phase à élimination directe. ... Radio France Internationale 4 hr
Le Néerlandais Mark Rutte désormais seul dans la course pour diriger l'Otan Attribution+  —  Le président roumain Klaus Iohannis a annoncé renoncer au secrétariat général de l’Otan et à la succession de Jens Stoltenberg. La voie est donc toute tracée pour la nomination de sortant Mark Rutte, dernier candidat en lice, alors même qu'il réunissait déjà le plus de soutiens dans les 31 capitales, avec en particulier l’onction de Joe Biden. ... Radio France Internationale 4 hr
Le Monde Aujourd'hui : la Journée mondiale des réfugiés Public Domain  —  ‍♂️ Journée mondiale des réfugiés : un manque de financement crucial, selon les ONG Tchad : le président Déby appelle au calme suite à l'incendie d'un dépôt de munitions Kenya : des milliers de jeunes manifestent contre les projets de nouvelles taxes Santé : essais cliniques pour un nouveau vaccin contre la tuberculose pulmonaire VOA Afrique vous propose au quotidien un regard nouveau sur l’actualité avec Le Monde Aujourd'hui, un journal télévisé d’une demi-heure qui vous mettra au rythme du monde panafricain, de la RDC au Mali, en passant par le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Nos présentateurs Alexandrine Holognon, John Lyndon et Jacques Aristide feront le sommaire des actualités africaines, américaines et internationales. Retrouvez-nous tous les jours sur Youtube et notre site à partir de 19h30TU. ... Voix de l'Amérique 4 hr
Le Monde Aujourd'hui Édition de 19h30 Public Domain  — Le programme phare du service francophone dure 30 minutes sur les informations de dernières minutes, des reportages de nos correspondants, des interviews et analyses sur la politique, l’économie, les phénomènes de société et sur la société civile. ... Voix de l'Amérique 5 hr
Niger: le permis d'exploitation du gisement d'Imouraren retiré à l'entreprise française Orano Attribution+  —  Le Niger a retiré le permis d'exploitation de l'important gisement d'uranium à l'entreprise française Orano, mettant à exécution un ultimatum adressé à la société, dans un contexte de tensions toujours vives entre Paris et le régime militaire nigérien. En parallèle, des partenariats avec d'autres nations se nouent à Niamey.  ... Radio France Internationale 5 hr
Washington Forum : les réfugiés Public Domain  —  #WashingtonForum Alexandrine Holognon avec vous cette semaine dans Washington Forum. Ce 20 Juin, c’est la journée mondiale du réfugié, une journée instituée par les Nations Unies pour mettre en lumière les droits et les besoins des personnes déplacées. Selon les Nations Unies, plus de 117 millions de personnes déplacées de force dans le monde à la fin de 2023, en raison notamment de persécutions, de conflits, ou de violations des droits de l'Homme. Devrait-on considérer l’accueil des réfugiés comme un devoir moral ou humanitaire avant tout ? Quels seront, selon vous, les impacts à long terme de la crise des réfugiés en Afrique ? ... Voix de l'Amérique 5 hr
Au Conseil de sécurité, le chef de l'ONU met en garde contre les « cybermercenaires » Attribution+  — Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a souligné jeudi la nature à double tranchant du cyberespace, insistant sur son potentiel à la fois d'immenses avantages et de risques importants lorsqu'il est mal utilisé. ... ONU Info 5 hr
L'Argentine et le Brésil à l'assaut de la Copa America Public Domain  — Les champions du monde argentins tenants du titre, emmenés par leur totem Lionel Messi, et le Brésil de Vinicius Jr, en pleine forme, rêvent de la 48e Copa America, disputée aux Etats-Unis, de jeudi jusqu'au 14 juillet. ... Voix de l'Amérique 5 hr
Correspondant VOA : Otan compte garantir un soutien militaire à l'Ukraine Public Domain   Voix de l'Amérique 5 hr
Carnet de Santé : La santé des réfugiés Public Domain  — - Des déplacés internes et de réfugiés font face à l‘insécurité alimentaire au Soudan - Des réfugiés dans le nord du Nigeria s’expriment sur la situation sanitaire - Des essais cliniques en Afrique du Sud dans la lutte contre la tuberculose - Comment le bruit rose aide t-il à mieux dormir? ... Voix de l'Amérique 5 hr
Le Niger retire le permis d'exploitation d'un grand gisement d'uranium au français Orano Public Domain  — Le Niger a retiré le permis d'exploitation d'un important gisement d'uranium à l'entreprise française Orano, mettant à exécution un ultimatum adressé à la société, dans un contexte de tensions toujours vives entre Paris et le régime militaire de Niamey. ... Voix de l'Amérique 6 hr
Prison ferme contre deux officiels qui ont accusé la junte guinéenne d'acheter la presse Public Domain  — Deux officiels guinéens ont été condamnés jeudi à huit mois de prison, dont un ferme, après avoir déclaré que les patrons de médias très suivis avaient été achetés par la junte, a indiqué un de leurs avocats. ... Voix de l'Amérique 6 hr
Tchad : Neuf morts et 46 blessés dans l'incendie d'un dépôt de munitions à N'Djamena Public Domain  — Au Tchad, l’incendie qui a embrasé le principal dépôt de munitions de l'armée dans la nuit de mardi à mercredi, à N'Djamena, a fait au moins neuf morts et 46 blessées, d'après le gouvernement. Le chef de l’Etat tchadien s’est rendu sur les lieux. ... Voix de l'Amérique 6 hr
RDC: Face aux attaques rebelles, des villageois déplacés construisent leur propre école dans un camp Public Domain  — Gros plan sur les camps qui abritent les personnes déracinées dans la région orientale de la RDC. Pour reconstruire leur vie, des villageois, qui ont fui les attaques perpétrées par les rebelles du M23, ont créé une école dans le camp pour leurs enfants. ... Voix de l'Amérique 6 hr
Lancement d'une enquête afin d'attirer des femmes journalistes vers des bourses de formation au Burk... CC BY  — Les reportages réalisés par d'anciens boursiers ont connu un énorme succès auprès du public africain local, certains journalistes remportant des prix importants. ... Global Voices 6 hr
Le Monde Aujourd'hui Édition de 18h30 Public Domain  — Le programme phare du service francophone dure 30 minutes sur les informations de dernières minutes, des reportages de nos correspondants, des interviews et analyses sur la politique, l’économie, les phénomènes de société et sur la société civile. ... Voix de l'Amérique 6 hr
Journée mondiale du réfugié : Les ONG fustigent le sous-financement des crises de réfugiés Public Domain  — Des ONG tirent la sonnette d’alarme, en cette Journée mondiale du réfugié: les crises au Soudan, en Somalie, au Sahel et dans d'autres régions reçoivent des fonds très en deçà des besoins, disent-elles. Le Conseil norvégien pour les réfugiés est d’avis que "la négligence totale des personnes déplacées est devenue la nouvelle normalité". ... Voix de l'Amérique 6 hr
Zia i Tene (1800-1830 UTC) Public Domain  — Zia i Tene, est un programme en sango comportant plusieurs rubriques sur l'actualité nationale et internationale, des interviews portant sur une analyse et des réactions  sur des sujets divers ainsi qu'un volet consacré aux artistes. ... Voix de l'Amérique 6 hr
À Votre Avis Public Domain  — Le programme quotidien d'appel de VOA Afrique offre aux auditeurs un forum pour commenter et discuter d'un sujet donné, qu'il s'agisse d'actualités ou de grands sujets de débat. ... Voix de l'Amérique 6 hr
Le Monde Aujourd'hui Édition de 17h30 Public Domain  — Le programme phare du service francophone dure 30 minutes sur les informations de dernières minutes, des reportages de nos correspondants, des interviews et analyses sur la politique, l’économie, les phénomènes de société et sur la société civile. ... Voix de l'Amérique 7 hr
Journal Public Domain  — 10 min Newscast ... Voix de l'Amérique 7 hr
Les forêts mono-dominantes au secours des écosystèmes dans le bassin du Congo face aux aléas climati... CC BY-ND  — Une équipe de chercheurs vient de démontrer, que les forêts naturelles à Gilbertiodendron dewevrei, une espèce d’arbres fréquemment rencontrée dans le bassin du Congo, contient une communauté unique de plantes et peut stocker plus de carbone que d’autres forêts d’espèces mélangées en Afrique centrale. Le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) estime le stock de carbone […] The post Les forêts mono-dominantes au secours des écosystèmes dans le bassin du Congo face aux aléas climatiques appeared first on Nouvelles de l'environnement. ... Mongabay 7 hr
Récifs coralliens : une approche coordonnée pour atténuer le blanchissement discuté lors de la réuni... Attribution+  — Un scientifique principal du Centre scientifique de Monaco a déclaré qu'une approche coordonnée est le moyen idéal pour atténuer le blanchissement des coraux et le changement climatique. La déclaration a été faite par le Dr Didier Zoccola, qui faisait partie de l'équipe dirigeant le projet Dialogue Science - Décideurs pour la gestion intégrée de l'environnement côtier et marin (DiDEM) aux Seychelles. ... Seychelles News Agency 7 hr
Zia i Tene (1700-1730 UTC) Public Domain  — Zia i Tene, est un programme en sango comportant plusieurs rubriques sur l'actualité nationale et internationale, des interviews portant sur une analyse et des réactions  sur des sujets divers ainsi qu'un volet consacré aux artistes. ... Voix de l'Amérique 7 hr
Journal Public Domain  — 10 Minute Newscast ... Voix de l'Amérique 7 hr
VOA60 Afrique : Somalie, Kenya, Soudan, Guinée-Bissau Public Domain  —  Somalie : le gouvernement appelle à un ralentissement du retrait des forces africaines de maintien de la paix Kenya : des milliers de manifestants contre le projet de nouvelles taxes Soudan : l'"une des pires crises" humanitaires depuis des décennies, selon MSF Guinée-Bissau : fermeture d'une partie de la frontière avec le Sénégal ... Voix de l'Amérique 7 hr
Birmanie: les rebelles accusent la junte de rompre la trêve de janvier Attribution+  —  Depuis mercredi 19 juin, la rébellion birmane dénonce la mort de plusieurs civils après une campagne de frappes aériennes menée par l'armée. Et ce, malgré le cessez-le-feu négocié sous l'égide de la Chine entre le gouvernement birman et la coalition rebelle. ... Radio France Internationale 7 hr
États-Unis: la Louisiane espère que l'affichage des Dix Commandements à l'école «remonte à la Cour s... Attribution+  —  La Louisiane a imposé mercredi 19 juin l'affichage des Dix Commandements bibliques sur des affiches très visibles dans toutes les salles de classe de cet État conservateur du sud des États-Unis. Toutes les écoles publiques seront concernées, de la maternelle jusqu'aux universités. La grande organisation américaine de défense des libertés ACLU a aussitôt indiqué qu'elle porterait l'affaire devant la justice. Éclairage avec le journaliste spécialiste de la justice américaine, Sébastien Natroll. ... Radio France Internationale 8 hr
Union européenne: un règlement contre la pédocriminalité divise les Vingt-Sept Attribution+  —  Un règlement européen destiné à lutter contre la diffusion d'images et vidéos à caractère pédocriminel est bloqué par une partie des pays de l'Union européenne, qui redoutent une surveillance généralisée des communications privées. Ce sujet a été retiré de l’agenda d’une réunion des ambassadeurs des Vingt-Sept ce jeudi 20 juin, faute de consensus. De leur côté, les PDG de Signal et du groupe Meta WhatsApp critiquent vertement cette proposition. ... Radio France Internationale 8 hr
Journal Public Domain  — 10 Minute Newscast ... Voix de l'Amérique 9 hr
Gabon: ce que contient le projet de nouvelle Constitution Attribution+  —  Adoptée en 1991, plusieurs fois modifiée et depuis longtemps critiquée, la Constitution gabonaise va être entièrement modifiée. Une réforme plébiscitée par la population lors du Dialogue national inclusif organisé en avril 2024. Le 8 mai, la junte au pouvoir a ainsi nommé un Comité constitutionnel national de 21 membres chargé de rédiger un nouveau texte. RFI a pu en obtenir les principales mesures. ... Radio France Internationale 9 hr
La Chine est-elle en partie responsable de la destruction des Miombo en Afrique ? CC BY  — Publié à l'origine sur Global Voices en FrançaisLes Miombo sont un ensemble de forêts qui couvrent plusieurs pays du bassin du Congo et de l'Afrique australe. Ces végétations sont composées de prairies tropicales et subtropicales contribuant à la séquestration de 0,5 à 0,9 tonne de carbone par hectare et par... ... Global Voices 9 hr
ASIE/INDONÉSIE - "À travers la création, nous rencontrons le créateur" : prendre soin de la maison c... CC BY  — Ruteng - En promouvant le respect, la protection et l'amour de la Création, on entre en contact avec le Créateur, dans l'esprit de François d'Assise, dans l'esprit de l'encyclique "Laudato si'" : l'évêque de Ruteng, Mgr Siprianus Hormat, président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale indonésienne, explique que le simple geste de planter un arbre peut avoir une profonde portée spirituelle. Il présente ainsi le nouveau programme de pastorale écologique intégrée lancé dans son diocèse de l'île de Flores, le "cœur catholique" de l'Indonésie, une île à majorité chrétienne dans un archipel à majorité islamique. Le diocèse de Ruteng compte environ 90 % de catholiques sur une population totale de 950 000 habitants.Le programme pastoral innovant vise à intégrer les actions de "prise en charge de la maison commune" aux sacrements et aux autres activités importantes de l'Église. Lors de la célébration des baptêmes et des premières communions, par exemple, chaque famille reçoit un arbre à planter "symbolisant la croissance dans la foi et la responsabilité personnelle à l'égard de l'environnement", a-t-il expliqué.L'objectif du programme est donc de "développer une nouvelle mentalité de respect et d'attention à la Création au sein de nos communautés, en promouvant un lien profond entre la foi et l'attention à l'environnement", a-t-il déclaré. Selon Mgr Hormat, le programme "aide à lutter contre la culture du gaspillage" et à réduire l'utilisation du plastique et les déchets alimentaires.C'est ce que le frère franciscain Wilibrodus Andreas Bisa a déjà encouragé : il donne à chaque garçon qui souhaite recevoir les sacrements et qui fréquente la communauté paroissiale pour le catéchisme une tâche à accomplir : planter des arbres ou faire pousser des fruits dans des jardins ou sur des terrains inutilisés. "Nous les appelons les arbres sacramentels", note le curé de l'église Saint-François d'Assise de Tentang. Les enfants deviennent les "parents adoptifs" des arbres qu'ils ont plantés et sont responsables de l'entretien de cette créature. Les plus de huit mille paroissiens des sept stations missionnaires du diocèse de Ruteng apprécient ce que l'on appelle "l'activité pastorale transformatrice basée sur l'écologie". Chaque année, les personnes qui reçoivent les sacrements se voient confier la responsabilité de planter et d'entretenir des arbres, faisant ainsi grandir la conscience écologique, entendue comme une sensibilité profondément spirituelle qui "s'inspire de la vie de saint François d'Assise et entend embrasser les suggestions du pape François, qui met toujours l'accent sur le soin de la maison commune et que nous voulons voir se manifester dans ce que nous faisons, dans des œuvres concrètes : c'est ce qu'affirme l'encyclique Laudato si', qui appelle à une action collective de tous les croyants pour prendre soin de la terre comme de notre maison commune".C'est l'expérience du père Robertus Pelita qui, dans le même diocèse de Ruteng, a découvert le développement des énergies alternatives grâce au biogaz. Après s'être renseigné et être devenu actif, il a pu, en deux ans seulement, produire du biogaz à partir de la décomposition de déchets organiques qui sont transformés en carburant grâce à des biodigesteurs domestiques fabriqués à partir de vieux barils d'huile. Le processus est le suivant : lorsque la matière organique se décompose dans un environnement anaérobie - un environnement sans oxygène - elle libère des gaz, principalement du méthane et du dioxyde de carbone. Nommé président de la commission de développement socio-économique du diocèse, le père Pelita a commencé à former les laïcs catholiques du diocèse à l'installation de biodigesteurs dans les territoires, les paroisses ou les communautés religieuses. La production de biogaz réduit la dépendance des catholiques du diocèse à l'égard du bois de chauffage, de la paraffine et du gaz naturel pour les usages domestiques. Ce qui a été fait, a souligné l'évêque, est le résultat de l'engagement du diocèse à préserver l'environnement, comme le confirment les activités existantes telles que le développement de l'horticulture biologique pour produire des fruits et des légumes biologiques.Mgr Hormat a également évoqué le projet de construction d'une centrale géothermique à Manggarai Ouest, sur le territoire du diocèse. L'Église, a-t-il dit, soutient ce type de production d'énergie, mais "avec une gestion prudente" : "Le respect des coutumes locales est fondamental, en particulier à Manggarai, où les traditions locales et le bien-être de la communauté sont primordiaux : il faut veiller à ce que les projets géothermiques ne perturbent pas ces coutumes et aient un effet positif sur la population locale". En octobre 2023, la Banque mondiale, qui participait auparavant au financement du projet - par l'intermédiaire du gouvernement indonésien - a décidé d'annuler le financement du projet en raison de l'opposition croissante des résidents locaux. Le projet énergétique fait partie du plan stratégique national du gouvernement indonésien visant à produire 35 mégawatts d'énergie géothermique sur 17 sites de l'archipel. ... Agenzia Fides 9 hr
À Paris, le Forum mondial vaccinal veut bâtir un «marché africain du vaccin» Attribution+  —  Plus d'un milliard de dollars ont été annoncés ce jeudi 20 juin au Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinales pour accélérer la production de vaccins en Afrique, continent touché actuellement par une épidémie de choléra. Un forum durant lequel les présidents du Sénégal et du Rwanda ont notamment pris la parole, lors de son ouverture à Paris. ... Radio France Internationale 9 hr
Bulletin Public Domain  — 5 Minute Newscast ... Voix de l'Amérique 10 hr
Législatives: Attal s'émancipe de Macron et appelle les Français à le «choisir» Attribution+  —  Lors d'une conférence de presse ce jeudi 20 juin, le Premier ministre Gabriel Attal a appelé les Français à le « choisir » comme chef du gouvernement aux élections législatives et compte s'imposer dans le paysage politique de la Macronie, malgré son désaccord avec le choix de la dissolution.  ... Radio France Internationale 10 hr
Comment les « influenceurs éthiques » incitent leur public à sauver la planète CC BY-ND  — Les influenceurs éthiques créent du contenu qui vise à éduquer leur public en ligne sur l'impact des habitudes de consommation quotidiennes et des modes de vie plus durables. (Shutterstock)Les médias sociaux sont remplis d’influenceurs présentant leur dernier contenu. Il peut s’agir de vidéos discutant des derniers produits de soin de la peau, des endroits les plus branchés où manger, de leur dernière séance de shopping ou d’envois de relationnistes qu’ils ont reçus de la part de différentes marques. Une grande partie du travail des influenceurs consiste à inciter les consommateurs à acheter davantage de produits. Toutefois, il existe un autre groupe d’influenceurs qui utilisent leur présence en ligne pour plaider en faveur d’un changement dans la manière dont les gens achètent et consomment. Dans notre recherche récemment publiée, nous nous sommes penchés sur cette sous-catégorie d’influenceurs, afin de comprendre comment ils utilisent les médias sociaux pour faire campagne en faveur d’un mode de vie plus durable, sain, et éthique. Qui sont les influenceurs éthiques ? Le terme « influenceurs éthiques » fait référence aux influenceurs dont le contenu est destiné à éduquer le public relativement à l’impact des habitudes de consommation sur l’environnement. Il peut s’agir d’influenceurs véganes qui militent pour la cause animale, et prônent de ne pas utiliser des produits d’origine animale dans l’alimentation, l’habillement ou le divertissement. Ils peuvent également être des influenceurs en matière de développement durable, incitant à réduire leur consommation, à minimiser les déchets, à recycler, à acheter moins, et à réutiliser davantage. En général, ils font la promotion de nouveaux modes de vie et de consommation. Contrairement aux autres influenceurs de style de vie, les influenceurs éthiques sont confrontés à deux défis uniques qui rendent plus difficile l’établissement de leur profil en ligne. Tout d’abord, ils doivent présenter un aperçu détaillé de leur quotidien pour illustrer le nouveau mode de vie à leur audience. Cela les distingue des autres influenceurs qui peuvent choisir de présenter un « persona » soigneusement élaboré, parfois en contraste marqué avec leur vie privée. [Déjà des milliers d’abonnés à l’infolettre de La Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui à notre infolettre pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.] Les influenceurs éthiques s’efforcent d’être aussi authentiques que possible en partageant leur vie quotidienne, leurs pratiques, et leurs défis. Partager des aspects aussi intimes et détaillés de leur vie les expose à un risque accru auprès de leurs audiences, car le moindre écart perçu entre le mode de vie prôné et leur quotidien les rend vulnérables à la critique. Un second défi se pose avec la diversité des audiences ciblées par les influenceurs éthiques. En effet, ces derniers visent à fournir du contenu non seulement aux membres de leurs audiences partageant ou aspirant à adopter leurs modes de vie, mais aussi à sensibiliser et convaincre ceux en dehors de leur communauté. Cette distinction les oppose à la logique des algorithmes des médias sociaux et aux normes des relations parasociales qui favorisent les connexions basées sur des intérêts ou des styles de vie similaires. Comment les influenceurs éthiques relèvent-ils les défis amenés par ce contexte particulier ? Cinq stratégies d’influence Nous avons identifié cinq stratégies misent en place par les influenceurs éthiques : établir, humaniser, revisiter, pivoter, et évangéliser. Pour les personnes aspirant à devenir influenceurs éthiques, ces stratégies aideront à la création de contenu et l’acquisition d’une audience. Établir : consiste à démontrer de manière systématique l’expertise et l’engagement des influenceurs éthiques en matière de nouvelles pratiques de consommation. Par exemple, l’influenceuse environnementale Lauren Singer partage régulièrement son expertise sur la réduction des déchets. Cette dernière est célèbre pour avoir réussi à contenir tous les déchets qu’elle a produits en deux ans dans un pot Mason de 16 onces. Établir aide les influenceurs éthiques à assoir leur légitimité auprès de leur public. Humaniser : se manifeste par le partage d’histoires personnelles qui ne sont pas nécessairement liées à la consommation éthique. Par exemple, les influenceurs peuvent parler de leurs récents projets professionnels, de l’arrivée d’un nouveau membre dans leur famille ou encore d’une randonnée avec leur animal de compagnie. Cette stratégie aide à établir une forme de relation parasociale avec les audiences, en présentant les influenceurs comme des êtres humains, pas seulement comme des agents du changement. Revisiter : met en lumière les aspects indésirables de certaines pratiques de consommation. Par exemple, les influenceurs éthiques parlent des effets de l’utilisation de détergents emballés dans des contenants en plastique sur l’épuisement des ressources de la Terre. D’autres publications incluent des discussions des influenceurs éthiques sur la maltraitance des animaux dans la production de cosmétiques. Revisiter aide leur public à voir sous un nouveau jour certaines pratiques indésirables, et à les distinguer des pratiques souhaitées. Pivoter : consiste à créer un lien entre le public et les entreprises éthiques afin de les aider à naviguer les multiples offres disponibles sur le marché. Il ne s’agit pas nécessairement de publicité de marque ou de collaborations monétisées, mais plutôt d’avis sur la performance des produits éthiques. Pivoter aide le public à trouver des substituts aux produits quotidiens qui correspondent à leur nouveau mode de vie plus durable. Évangéliser : créé un sentiment de communauté auprès des membres. Changer nos comportements et nos habitudes peut être intimidant. Favoriser un sentiment d’appartenance accompagne les membres dans leur quête de progrès et les aide à maintenir leurs nouvelles habitudes. Ces stratégies, combinées ensemble, permettent aux influenceurs éthiques d’atteindre leurs objectifs ultimes de changement sociétal. Si les influenceurs éthiques ne sont pas nouveaux, ils augmentent à la fois en termes de nombre de comptes et de popularité. Ils s’efforcent d’entrer en contact avec le public, de l’engager et de l’éduquer à vivre différemment et à avoir un impact positif sur la planète. Leurs efforts font d’eux une ressource précieuse lorsqu’il s’agit de défendre la durabilité, la consommation éthique et la lutte contre le changement climatique. Alex Baudet a reçu des financements du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH)Aya Aboelenien a reçu des financements du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) Ai Ming Chow ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche. ... The Conversation 10 hr
Anarchistes et féministes : qui sont-elles ? CC BY-ND  — Drapeau anarcha-féministe à Cologne durant la pride de 2016. Raimond Spekking, CC BY-NC-SAQue peut apporter l’anarchisme au féminisme ? Le féminisme à l’anarchisme ? En posant cette double interrogation, le féminisme libertaire dévoile les angles morts de ces mouvements et permet d’approfondir leurs questionnements. La philosophe Irène Pereira a récemment publié (mai 2024) aux éditions Cavalier Bleu, « Le féminisme libertaire », un ouvrage revenant sur les principaux enjeux de ce mouvement et des débats qu’il suscite dans l’histoire des idées. Extraits choisis. Il existe assez peu de documentation en histoire sur les femmes anarchistes de la deuxième partie du XXe siècle. Les travaux historiques se concentrent bien souvent sur la Belle Époque en France car il s’agit du moment où l’anarchisme est le plus influent au sein du mouvement ouvrier. Pour avoir une idée d’une trajectoire de femme anarchiste en France, dans la deuxième moitié du XXe siècle, on peut se tourner vers les mémoires de Lola Miesseroff. Dans un article de 1997, Nicole Beaurain et Christiane Passevant fournissent des éléments pour tenter de combler la temporalité qui sépare les Mujeres libres des années 1990. Elles reviennent entre autres sur l’émergence dans les années 1970 de l’anarcha-féminisme aux États-Unis et rappellent l’importance qu’a eue dans les milieux anarchistes l’émission de Radio libertaire – Femmes libres – à partir de 1986. En mai 1992, est organisée la Rencontre internationale anarcho-féministe, sans doute un des premiers événements ouvertement intitulés de cette manière en France. Un épisode de l’émission « Femmes libres ». Malgré ce manque de documentations historiques, on possède en revanche depuis quelques années des travaux en sociologie portant sur les milieux anarchistes qui sans pouvoir nous donner une vision complète de cette mouvance apportent des éclairages. En dépit des divergences qui peuvent caractériser les milieux libertaires, ils partagent des points communs : le recours à l’action directe qu’elle soit légale ou illégale (plutôt que le passage par les voies politiques institutionnelles) et des modes d’organisation horizontaux. En outre, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, comme l’a mis en lumière l’éditeur anarchiste Mimmo Pucciarelli, la sociologie des milieux anarchistes a changé. Largement ouvrière à l’origine, elle est maintenant plutôt composée de personnes des classes moyennes. Des femmes peu nombreuses dans les organisations anarchistes en France au tournant des années 2010 Dans un article de 2010, Simon Luck et moi avions essayé de faire un état des lieux sociologique de la place des femmes dans les organisations anarchistes. Les éléments mis en avant dans ce texte étaient tiré des thèses de doctorat que nous avions consacrées, peu de temps auparavant, lui à la Fédération anarchiste (FA), et moi à Alternative libertaire (AL). Cette organisation a depuis fusionné avec la CGA (Coordination des groupes anarchistes) pour devenir l’UCL (Union communiste libertaire). Nicole Beaurain et Christiane Passevant (1997) écrivaient que la FA comprenait 22 % de femmes. D’après les observations que nous avions menées respectivement Simon Luck et moi, il y avait environ 20 % de militantes à AL, et de 20 à 25 % à la FA. Il faut néanmoins tenir compte du fait que cette faiblesse numérique des femmes n’est pas propre aux organisations anarchistes, on la retrouve aussi dans d’autres organisations politiques. Mais l’on peut constater que les anarchistes ne faisaient pas mieux que les autres sur ce point. Leurs organisations n’apparaissaient pas plus attractives, pour les femmes, en 2010. Dans les deux organisations, il existait néanmoins des commissions femmes ou anti-sexistes qui travaillaient spécifiquement sur ces questions, avec toutefois des différences dans les pratiques mises en œuvre. Il existait à Alternative libertaire des dispositifs, comme la double liste dans les tours de parole (appelé à l’époque double liste québécoise), consistant, lors des tours de parole, à donner en priorité la parole aux personnes qui ne se sont pas encore exprimées. À côté, de ce qu’on appelle l’anarchisme organisé, comme le représente l’AL et la FA, il existe également une mouvance non organisée, que l’on retrouve en particulier dans le milieu squat. Dans un article, la sociologue Édith Gaillard présente une enquête réalisée en France et à Berlin entre 2007 et 2011 dans des squats anarcha-féministes. Il s’agit de squat non mixtes à la différence des organisations anarchistes. Sur le plan sociologique, l’étude met en lumière la jeunesse des militantes des milieux squats (moins de 30 ans – à la différence de l’anarchisme organisé où l’on trouve des femmes plus âgées). L’autrice tend à relativiser cette information alors qu’elle semble pourtant significative. Un mode de vie précaire peut être vécu assez positivement lorsqu’on est jeune, mais il devient plus difficile à supporter avec l’âge. Anti-oppression et milieux libertaires au Québec dans les années 2000 Une décennie avant, se développe au Québec un mouvement anti-oppression. En lien avec l’Université de Concordia, le Collectif de recherche sur l’autonomie collective (CRAC), groupe de recherche autogéré composé de militant·e·s libertaires et (pro) féministes, rédige plusieurs articles sur les pratiques anti-oppression qui se sont mises en place dans les milieux libertaires et féministes. Dans un article de 2012, les auteurices mettent en avant le Sommet des Amériques en 2001 comme un moment de remobilisation militante. Beaucoup de ces collectifs se qualifient d’antiautoritaires car ils se sentent libertaires, sans néanmoins se revendiquer explicitement de l’anarchisme. Il ne s’agit pas, à la différence de ce que nous avons pu présenter en France, d’organisations structurées de quelques centaines de membres, mais plutôt de groupes affinitaires d’une dizaine de personnes. Les auteurices écrivent : « Aujourd’hui au Québec, la communauté antiautoritaire est ainsi constituée de plusieurs réseaux dont le travail respectif est orienté vers les enjeux concernant la lutte antiraciste/anticoloniale/anti-impérialiste ; la violence et la répression étatique ; la solidarité internationale ; le syndicalisme/travail/pauvreté ; la gentrification des quartiers urbains ; l’écologisme ; le milieu étudiant ; le féminisme radical et la perspective queer radicale. » Les auteurices précisent que néanmoins les militant·e·s de ces collectifs considèrent ces causes comme relevant d’un ensemble d’oppressions imbriquées, ce qui les conduit à constituer des coalitions de luttes. Dans un autre article de 2012 (republié en 2015), le même collectif s’intéresse plus particulièrement à la place du féminisme dans le milieu anarchiste québécois. Dans leur article, les auteurices distinguent trois micro-cohortes, selon les termes de la sociologue Nancy Whittier. les féministes radicales ; les queers radicales, y compris les queers issu·e·s des « people of colour collectives » ; les féministes et les (pro) féministes à l’œuvre au sein des groupes et des réseaux antiracistes et anticolonialistes. On voit apparaître dans ce texte ce que les militant·e·s appellent la perspective anti-oppression qui se caractérise par un certain nombre de pratiques visant à prendre conscience de ses privilèges sociaux. Il s’agit entre autres d’élaborer le rôle de la personne « alliée », posture critiquée : une personne qui intervient comme soutien dans une lutte où iel n’est pas directement concerné·e. Au cours des années 2000, le féminisme prend ainsi, au sein des mouvements anarchistes et/ou libertaires québécois, une place particulière, avec une perspective intersectionnelle et anti-oppression. Mujeres Creando : une expérience anarcha-féministe en Bolivie Afin de ne pas se limiter au Nord Global, regardons l’expérience de ce collectif anarcha-féministe bolivien, pour lequel une très abondante littérature académique en langue espagnol existe, en nous appuyant en particulier sur la thèse actualisée de Sarah Fisher (2022). Mujeres Creando est un collectif anarcha-féministe créé en 1992 par Julieta Paredes et Maria Galindo. Il se positionne comme anti-patriarcal et décolonial et se divise en deux sous-groupes à partir de 2002 qui gèrent chacun un café culturel à La Paz. C’est le groupe de Maria Galindo qui est à l’heure actuelle le plus connu du fait de l’usage de cette dernière des médias. Façade du siège, Mujeres Creando, La Paz. Montserrat Boix/Wikimedia, CC BY-NC-ND Les deux fondatrices sont lesbiennes. L’une, Julieta Paredes, est d’origine autochtone, tandis que Maria Galindo est une femme blanche/métisse. En Amérique latine, on appelle « blanc/métisse » les personnes blanches car elles sont effectivement métissées à un degré ou un autre. Elles sont privilégiées sur le plan racial. Le collectif pratique des modes d’action diversifiés qui peuvent aller de la mise en œuvre d’actions communautaires à destination des femmes à des performances artistiques. Le groupe est en particulier connu pour ses graffitis, comme leur « Ni Dieu, ni maître, ni mari, ni parti ». Ce slogan reprend celui du premier journal anarchiste entièrement rédigé par des femmes en Argentine La voz de la mujer à la fin du XIXe siècle. Il soutient les travailleuses du sexe comme les femmes autochtones. Ce collectif propose une rupture par rapport à un féminisme plus institutionnel, en critiquant notamment l’État comme étant proxénète et machiste. Elles se montrent également critiques par rapport à l’approche « genre » des ONG internationales et se revendiquent anarchistes car elles refusent la stratégie de prise de pouvoir, en particulier, par les élections. Elles ne ménagent pas leurs reproches aux partis politiques boliviens. Ce groupe a eu une influence symbolique très importante en Amérique latine et est connu plus largement dans le monde grâce à son travail communautaire, à ses modes d’action artistiques originaux, et enfin à ses prises de positions très radicales (refusant subventions et tout compromis avec le gouvernement). Des approches divergentes En France, les évolutions des recherches en études de genre et sur le militantisme féministe n’ont pas toujours été bien accueillies dans les milieux anarchistes, comme dans le reste de la société d’ailleurs. Avec Francis Dupuis-Déri, nous avons co-écrit un entretien croisé portant sur des questions telles que l’intersectionnalité, l’islamophobie ou l’anti-racisme politique pour répondre à un certain nombre de critiques émanent des milieux anarchistes, en particulier de militants de la Fédération anarchiste, sur ces questions. Sur les questions féministes, comme dans les autres courants de l’extrême-gauche, les anarchistes sont divisés. Si on prend le cas de l’anarchisme organisé : la Fédération anarchiste est plus fermée à ces nouvelles approches que l’Union communiste libertaire (UCL) comme en témoignent leur journaux respectifs. Paris, Place Voltaire, septembre 2012. Denis Bocquet Les éléments historiques – tels que discutés dans le chapitre précédent, NDLR – et sociologiques permettent de remarquer que, dans un premier moment, les approches anarchistes et féministes sont assez divergentes. Les anarchistes, en particulier individualistes – que ce soit les hommes et les femmes –, sont plutôt orientés vers des revendications de liberté individuelle portant sur la critique du mariage, l’union libre et l’amour libre. De leur côté, les féministes militent plutôt pour des revendications collectives d’émancipation des femmes en lien avec des droits civils et politiques. Dans les années 1960-1970, on constate un intérêt commun pour la révolution sexuelle en lien avec le freudo-marxisme (Reich, Marcuse…). Puis, dans les années 1970, les revendications féministes autour de la contraception et du droit à l’avortement semblent rejoindre les préoccupations anarchistes. Néanmoins, est-ce que la conjonction entre ces trois orientations n’est pas plus apparente que réelle ? La revendication d’amour libre et celle de révolution sexuelle paraissent se retrouver dans l’idée d’une sexualité émancipée des conventions sociales, alors que le féminisme – en particulier à partir de la deuxième partie des années 1970 – met en avant une critique des violences sexuelles, en particulier du viol. Enfin, l’anarcha-féminisme n’apparaît en tant que courant auto-revendiqué que dans les années 1970 aux États-Unis. C’est dans ce sillage que l’expression a migré en France. Mais si les anarcha-féministes se distinguent par leurs conceptions anarchistes, sur les points de clivage qui traversent le féminisme de la troisième vague, on ne trouve pas une unité théorique particulière parmi elles. Irene Pereira, 2024. Edition Cavalier Bleu L’autrice vient de publier Le féminisme libertaire aux éditions Cavalier Bleu (mai 2024, 136 p.) Irène Pereira est membre du collectif éditorial du site Internet: Grand Angle Libertaire. ... The Conversation 10 hr
Européennes 2024 en Allemagne : vers un nouveau « Mur de Berlin » ? CC BY-ND  — En Allemagne, les résultats des élections européennes du 9 juin dernier ont une nouvelle fois mis en évidence l’irrésistible ascension du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD), arrivé en deuxième position avec près de 15,9 % des suffrages, derrière les conservateurs de la CDU/CSU (30 %). Ce score constitue pour l’AfD un net progrès par rapport aux élections européennes de 2019 (+4,9 %). Pendant ce temps, la CDU/CSU n’a gagné que 1,1 point, tandis que les sociaux-démocrates du SDP et les Verts (Grünen) ont respectivement perdu 1,9 et 8,6 points. Lors de ces européennes, l’AfD a donc devancé le SDP (13,9 %), les Grünen (11,9 %) et les libéraux du FDP (5,2 %), les trois partis qui forment la coalition actuellement au pouvoir… Un résultat impressionnant au vu des péripéties de la campagne électorale et, surtout, un résultat dû avant tout aux votes venus des territoires issus de l’ancienne RDA. Une campagne agitée Depuis plusieurs mois, l’AfD est confrontée à des manifestations hostiles dans de nombreuses villes en Allemagne à la suite des révélations du média allemand Correctiv. À lire aussi : Remigration : ce que « l’anti-mot de l’année » en Allemagne dit du débat public actuel Pour rappel, en novembre 2023, plusieurs hauts cadres de l’AfD se sont réunis avec des membres de groupuscules extrémistes afin de mettre en place un projet visant à expulser massivement d’Allemagne les étrangers ou personnes d’origine étrangère, ce qui provoqua une vive réaction dans l’opinion publique, suivie de rassemblements dans tout le pays. Entre le 19 et le 21 janvier 2024, pas moins de 1,4 million de personnes ont manifesté contre l’AfD. Ces manifestations ne mettaient pas l’AfD dans les meilleures dispositions à l’entame des européennes… et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa campagne fut laborieuse et marquée par des scandales à répétition. Sa tête de liste, Maximilian Krah, a été interdit de mener campagne par son propre parti après s’être retrouvé embourbé dans de nombreuses polémiques. À seulement trois semaines du scrutin, dans une interview au journal italien La Repubblica, il déclara : « Je ne dirai jamais que quiconque portait un uniforme SS était automatiquement un criminel. » Ces propos suscitèrent une vive émotion en Allemagne, conduisant l’AfD à écarter son propre candidat de ses meetings. Il y eut aussi des conséquences à l’international, puisque quelques jours plus tard le Rassemblement national affirma qu’il ne souhaitait plus siéger avec l’AfD au sein du groupe ID au Parlement européen en raison de ce dérapage, lequel était loin d’être le premier. [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] Un peu plus tôt, en avril dernier, Maximilian Krah avait déjà défrayé la chronique après l’arrestation de l’un de ses assistants parlementaires, accusé d’espionnage en faveur de la Chine. Une enquête préliminaire avait alors été ouverte sur les allégations selon lesquelles Krah aurait accepté des paiements de la Russie et de la Chine pour son travail en tant que député européen. Son bureau au Parlement européen avait même été perquisitionné. Un pays coupé en deux Toutes ces péripéties n’ont cependant pas empêché l’AfD d’obtenir un score impressionnant aux européennes. Et plus encore que le résultat, ce qui a frappé au sortir des élections, c’est ce constat que l’Allemagne était scindée en deux : à l’Ouest, la CDU/CSU a très largement remporté le scrutin, tandis qu’à l’Est, c’est l’AfD qui s’est placée en tête, recueillant près de 30 % des suffrages dans les nouveaux Länder intégrés à la RFA en 1990 (Brandebourg, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Saxe, Thuringe et de Saxe-Anhalt). Comment expliquer cette coupure ? Pourquoi l’AfD est-elle si « puissante » à l’Est alors qu’elle n’arrive pas à percer à l’Ouest ? Comment interpréter ces différences de comportements électoraux qui subsistent entre l’Allemagne de l’Ouest et l’ex-RDA ? Le sociologue spécialiste de l’extrême droite Matthias Quent explique que l’Est est un terrain propice à l’expansion de l’AfD dans la mesure où le parti peut y développer ses thématiques conservatrices plus facilement qu’à l’Ouest, jugé « plus progressiste ». Une étude datant de 2023, initiée par l’Université de Leipzig, a montré que les Allemands de l’Est auraient (en raison de leur passé au sein de la RDA) un rapport à la démocratie plus complexe qu’à l’Ouest, ce qui favoriserait l’essor de l’AfD dans cette partie de l’Allemagne. À l’Est, les électeurs sont en quête d’un parti politique fort qui place l’autorité au cœur de son projet. En outre, cette même étude met en avant le fait qu’à l’Est l’AfD arrive plus facilement à convaincre les électeurs, en raison des disparités économiques et sociales que la chute du Mur a pu engendrer. En effet, bon nombre d’Allemands de l’Est sont nostalgiques de la RDA laquelle leur permettait – selon leurs dires – de mieux vivre. Ils portent en eux un certain héritage datant de la RDA, notamment une attitude plutôt compréhensive à l’égard de la Russie. En outre, durant de nombreuses années, jusqu’à la crise migratoire de 2015, l’immigration à l’Est a été faible. Depuis, les arrivées d’étrangers sont devenues de plus en plus nombreuses, d’où l’attrait exercé par l’AfD, qui promet de stopper net l’immigration de masse pour « redonner le pouvoir aux Allemands ». Enfin, cette partie de l’Allemagne s’est toujours sentie, d’une certaine manière, abandonnée par les gouvernements successifs à partir des années 1990, ces territoires ayant connu une désindustrialisation massive et un chômage qui n’a cessé d’augmenter, au point que les Allemands de l’Est ont montré une certaine défiance à l’égard des partis traditionnels tels que le SPD ou la CDU, ce qui allait ainsi faire le jeu de l’AfD… Le politologue Kai Arzheimer résume : les excellents résultats obtenus par l’AfD en Allemagne de l’Est sont dus au rejet massif de « l’immigration, du multiculturalisme et d’autres processus de transformation sociale ». L’AfD peut-elle séduire massivement à l’Ouest ? À l’Ouest, où, avec 13 % des suffrages, elle est arrivée en quatrième position derrière la CDU, le SPD et les Grünen, l’AfD cherche à s’implanter de manière durable à l’échelon local pour tenter de devenir, à terme, la première force politique du pays. Mais pour le moment, force est de constater qu’elle n’y parvient pas dans la mesure où les Allemands de l’Ouest sont traditionnellement très attachés à la démocratie et aux partis traditionnels. Pour autant, les élections européennes ont tout de même vu l’AfD progresser dans cette partie de l’Allemagne, ce qui tend à montrer que ce parti, dont il faut rappeler qu’il n’a été créé qu’en 2013, pourrait constituer un danger pour le bipolarisme de la vie politique allemande. Si l’on compare à 2019, on constate que les préoccupations de la population allemande, à l’Ouest comme à l’Est, se rapprochent de plus en plus de celles défendues par l’AfD. Ainsi, 53 % des Allemands jugent que l’immigration est trop élevée (en augmentation de 19 points par rapport à il y a cinq ans) et 74 % confessent être inquiets face à la hausse de la criminalité (en augmentation de 22 points). Le 9 juin dernier, l’AfD s’est un peu plus ancrée dans le paysage politique allemand, même si elle reste encore en retrait à l’Ouest. Mieux encore, elle arrive, élection après élection, à capter de nouveaux électeurs, à commencer par les 16-24 ans qui, à près de 16 %, ont voté en faveur de l’AfD quand ils ne sont que 11 % à avoir voté pour les Grünen et 9 % pour le SPD. En dépit des polémiques qu’il suscite, le parti cherche à s’engager dans une phase de normalisation, du moins en apparence, pour rassurer l’opinion publique. Parler de conquête de la chancellerie allemande semble prématuré mais l’AfD pourrait en revanche s’affirmer comme un partenaire crédible de coalition dans certains Länder, voire au niveau fédéral… Benjamin Rojtman-Guiraud est Conseiller municipal d'opposition à Maxéville ( Meurthe-et-Moselle) ... The Conversation 10 hr
Influenceurs d’extrême droite : le moteur caché du succès du RN CC BY-ND  — L’immense succès du Rassemblement national (RN) et de Jordan Bardella aux dernières élections européennes souligne l’importance des réseaux sociaux dans une campagne. Le président du parti d’extrême droite a été le plus populaire des candidats français en termes d’abonnés sur différentes plates-formes comme TikTok (1,5 million) ou Instagram (634 000). Même Manon Aubry, candidate Insoumise dont le parti est pourtant habitué à la communication numérique, a fait moins bien (114 000 sur TikTok, 97 000 sur Instagram). Au-delà de cette présence en nom propre, des communautés de sympathisants contribuent à diffuser les idées portées par le programme du RN. Ce phénomène n’est pas nouveau : il s’agit d’une lame de fond depuis plus de 10 ans en France. La capacité de ces acteurs à mobiliser, convaincre et influencer les électeurs, mais également à politiser d’anciens abstentionnistes, notamment les jeunes, bénéficie aux partis d’extrême droite. Mais qui sont ces influenceurs et quelles stratégies emploient-ils ? Qui sont ces influenceurs d’extrême droite ? Tout d’abord, ce ne sont pas des politiciens professionnels (même si certains l’ont été, comme Julien Rochedy auprès du FN). Ils défendent une idéologie nationaliste, autoritaire et antidémocratique via les réseaux sociaux, et s’inspirent grandement des tactiques militantes de l’alt right étatsunienne. Tout comme elle, ils se positionnent contre le multiculturalisme, l’immigration, la gauche, les droits des femmes, des minorités sexuelles, etc. Parfois appelés « fachosphère » par leurs opposants, ils partagent des caractéristiques communes. Ce sont principalement de jeunes hommes blancs hétérosexuels, mais on trouve également quelques femmes et personnes racisées. Des figures comme Papacito, Valek et Baptiste Marchais sont emblématiques de cette tendance. Leur présence massive sur les réseaux sociaux leur permet de toucher un public large et varié. Leurs contenus les plus populaires sont des vidéos YouTube qui dépassent le million de vues, même si en moyenne leurs vidéos sur YouTube totalisent entre 100 000 et 400 000 vues. Une diversification des plates-formes et du contenu YouTube a été la plate-forme de lancement pour de nombreux de ces influenceurs d’extrême droite autour des années 2015. Grâce à des vidéos parfois longues, mais toujours provocatrices dans leur ton, ils ont pu développer une audience fidèle et engagée. Les algorithmes de recommandation de différents médias sociaux comme YouTube ont également joué un rôle crucial en favorisant la diffusion de leur contenu, même si les plates-formes tentent de diminuer ces effets. [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] Plus récemment, ces influenceurs ont investi TikTok et Instagram, attirant un public plus jeune avec des contenus plus courts (quelques minutes ou secondes) et moins idéologiques. Ils utilisent ces plates-formes pour partager des aspects de leur vie quotidienne, rendant leur discours plus accessible et attirant. Papacito, dont la chaîne YouTube a été supprimée par la plate-forme en 2023 suite à une série de vidéos polémiques, s’exprime essentiellement à l’aide de Stories Instagram. Il a dépassé la visibilité qu’il avait sur sa chaîne YouTube (132000 abonnés sur Instagram, contre 120 000 sur YouTube avant suppression). En 2021, Papacito avait simulé le meurtre d’un électeur de gauche dans une vidéo. Cette affaire avait provoqué une énorme exposition médiatique et fait bondir l’audience de ces influenceurs. La croissance de ces figures installées a stagné depuis, mais de nombreuses nouvelles petites figures émergent régulièrement, sans toutefois égaler ni même s’approcher du succès des plus connus. À lire aussi : Papacito ou comment les youtubeurs d’extrême droite gagnent leurs abonnés Cela semble indiquer l’apparition d’une nouvelle vague. Le mouvement est devenu plus organique : la diffusion de ces contenus n’est plus uniquement portée par un petit groupe d’influenceurs qui détiennent une grande visibilité, mais qu’ils sont de plus en plus relayés par de petits comptes, anonymes qui favorisent leur viralité. Ces comptes se réapproprient et rediffusent les vidéos des influenceurs connus sous forme de montages, à la façon de « best of » mais également à travers d’autres formats (memes, deepfake, etc.). Persuader avec les outils classiques d’influenceur Les influenceurs les plus installés utilisent des techniques similaires à celles des influenceurs non politiques : promotion croisée sur plusieurs plates-formes, collaborations avec d’autres influenceurs pour élargir leur réseau, contenus engageants et partage de leur vie privée pour créer un sentiment de proximité avec leurs abonnés. Ces dispositifs visent à bénéficier des règles de visibilité propre aux réseaux sociaux (qui favorisent les créateurs prolifiques et suscitant un engagement numérique fort) tout en développant des relations parasociales avec leur public (ils créent une relation à sens unique avec leur public, donnant l’impression d’être proche de lui). Ce dernier se sent alors proche d’eux. Les influenceurs disposent alors d’un ascendant pouvant être comparable à celle de leader d’opinion. À lire aussi : Comment l’« alt-right » à la française s’approprie les codes de TikTok, Instagram ou YouTube Un positionnement antiféministe et libertarien Dans le cadre de mes recherches, je constate que l’antiféminisme (opposition à l’égalité hommes-femmes) est un thème structurant chez ces influenceurs. Ils exploitent la plus faible perception par les garçons des inégalités hommes-femmes. Le discours antiféministe leur permet également de radicaliser une partie de leur public vers d’autres idées du corpus d’extrême droite, notamment la croyance en l’existence de races. L’essentialisation des genres facilite l’adhésion à une essentialisation des humains par leur religion, leur race supposée ou leur culture, créant un lien entre antiféminisme et racisme. Ce discours antiféministe touche également les femmes. Certains des influenceurs les plus populaires sont des influenceuses (Thaïs d’Escufon, Alice Cordier). Bien que sous-représentées dans ces réseaux, elles sont souvent mises en avant pour légitimer le discours porté. Depuis quelques années, celles-ci s’inspirent grandement du mouvement étatsunien Tradwives (« épouses traditionnelles »), qui met en scène des femmes dans leur environnement domestique, en train de cuisiner et de faire le ménage. Ces influenceurs prônent des valeurs traditionnelles et valorisent l’autorité, notamment l’armée, néanmoins, ils soutiennent également un État faible sur le plan économique. Selon mes recherches ce paradoxe s’explique par le développement d’une rhétorique qui valorise l’individualisme et la réussite personnelle tout en rejetant les structures de soutien social. En bref, un positionnement qui se rapproche de l’idéologie libertarienne étatsunienne. Chez ces influenceurs, cela se traduit par la valorisation de la figure de « l’homme viril » qui doit réussir seul pour séduire les femmes et devenir indépendant vis-à-vis de la société. Cet angle idéologique doit être également compris au regard de leur modèle économique basé sur la vente de produits et de formations. Des effets sur les élections Jordan Bardella a adopté la plupart des codes de ces influenceurs. Contrairement à Manon Aubry (LFI), qui se concentrait sur son programme et ses idées, Bardella s’est mis en scène dans des activités quotidiennes anodines (boire une bière, manger des bonbons, etc.). Cela lui a permis de créer un lien parasocial avec les électeurs. Ses contenus sont également fréquemment repris par des chaînes sympathisantes, amplifiant leur viralité. Ce type de contenu séduit particulièrement les 18-24 ans, ce qui s’est traduit en termes de vote : aux Européennes le RN a recueilli le plus de voix de moins de 25 ans. Une autre raison de ce succès est que certains influenceurs ont rapidement saisi l’importance du vote utile pour défendre leur vision de la société. Les sympathisants d’Eric Zemmour perçoivent le parti de Marine Le Pen comme trop à gauche (l’influenceur Le Raptor traite par exemple Marine Le Pen de « Malika Le Pen », la considèrant socialiste et jugeant son opposition à l’immigration trop douce. Néanmoins, lors des élections de 2022 et, dans une moindre mesure, aux dernières européennes, ils ont convaincu leur public de mettre un bulletin RN dans l’urne. Le 9 juin 2024, parmi les acteurs les plus radicaux de l’extrême droite en ligne (suprémacistes blancs, néonazis), beaucoup se sont félicités de la victoire du RN. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont compris depuis longtemps l’avantage d’avoir une telle communauté derrière eux. Ils multiplient les « dog whistle », une stratégie populaire au sein de l’alt right qui consiste à signaler discrètement sa sympathie pour les franges les plus extrêmes, tout en restant à bonne distance d’elles. Cela se fait souvent par l’utilisation de mots clés ressemblant à des concepts populaires dans cette extrême droite plus marginale. Par exemple, avant que le terme de « grand remplacement » ne prolifère dans les médias, Marine Le Pen n’osait pas l’utiliser. Cependant, pour montrer son adhésion, elle évoquait un « déplacement » de population ou son « remplacement », tout en disant ne pas aimer l’expression « grand remplacement ». Aujourd’hui, ses soutiens l’utilisent sans crainte de se faire ostraciser. Ainsi, même s’il est difficile pour l’heure de mesurer directement l’effet de la présence en ligne du RN sur le vote aux élections européennes, la tendance de fond que représente les influenceurs politiques est un facteur à prendre en compte pour expliquer la popularité de ce parti. Ces influenceurs constituent une minorité active sur Internet qui participent à la popularité de l’agenda de l’extrême droite, notamment auprès des plus jeunes. La focalisation autour de la présence de Jordan Bardella sur TikTok n’est que la face émergée des dynamiques de politisations qui s’opèrent en ligne. Tristan Boursier a reçu des financements du Fonds de recherche du Québec. ... The Conversation 10 hr
Comprendre le mythe du Front populaire CC BY-ND  — Le 14 juillet 1936, à la tribune officielle, Léon Blum aux côtés de Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste, et de Roger Salengro, ministre de l’Intérieur. Gallica, BNFDès l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, les principaux partis de la gauche ont lancé leur alliance sous la bannière « Front populaire » pour les législatives à venir. Un label qui renvoie à un moment politique fort, qui a marqué la France en profondeur, mais dont on a parfois un peu oublié les enjeux. L’histoire du Front populaire invite à revenir sur les représentations de cet événement majeur car nous avons tous dans notre mémoire collective des images qui marquent cette période : les grèves avec occupation d’usines, les premiers congés payés, etc. Effectivement, Charles Trenet chantait à l’époque « Y’a d’la joie » et les grèves sont un moment d’espoir et de bals, mais en même temps, la société française est traversée par des tensions, des rivalités, des haines – rappelons que Léon Blum a failli se faire lyncher par l’extrême droite au début de l’année 1936. Ainsi, on mesure les dimensions multiples du moment Front populaire, une dynamique à la fois sociale, politique et culturelle. Au-delà des mythes, il demeure important de comprendre les enjeux de l’époque, les tensions à l’œuvre au cours de la période 1934-1938 ; une période marquée par sa brièveté. L’enchaînement des manifestations, l’émergence de nouvelles pratiques politiques et culturelles permettent de mieux saisir le Front populaire. Ces dimensions multiples invitent également à penser l’événement dans un jeu d’échelles, où les logiques internationales rencontrent les logiques nationales, voire locales, de l’usine, du village ou du quartier. Le Front populaire s’inscrit dans différents territoires, tout en cumulant trois dynamiques : un mouvement social, une séquence politique et un foisonnement culturel sans précédent. Grève de la métallurgie : occupation d’une usine de la banlieue parisienne, 1936. Agence Meurisse, BnF., CC BY De la lutte contre la crise économique de 1929, qui touche plus tardivement la France que le reste de l’Europe, à l’antifascisme, le Front populaire propose une alternative aux politiques menées depuis la fin des années 1920 – qui étaient des politiques déflationnistes (réduction des traitements des fonctionnaires par exemple) aggravant la crise –, pour défendre et renforcer la République. Onde de choc des fascismes en Europe Au départ de ce « moment Front populaire », il s’agit de sauver la République après les événements du 6 février 1934, lorsque les ligues d’extrême droite qui manifestaient ont marché sur le Palais Bourbon, cœur du régime républicain, la Chambre des députés. [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] Cet événement est perçu par les forces de gauche, qui étaient divisées, comme un coup de force fasciste, à l’image de la marche sur Rome de Mussolini d’octobre 1922 ou des violences de rues organisées par les nazis dans la République de Weimar, ayant conduit à l’arrivée d’Hitler au pouvoir début 1933. Cette onde de choc des fascismes en Europe est telle que cette manifestation choque l’opinion. Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre place de la Concorde, à Paris, le 6 février 1934. BnF Dès lors, les gauches se rapprochent et entament un rassemblement populaire avec les manifestations des 9 et 12 février 1934 à Paris. La riposte au coup de force connaît un élan dans tout le pays, qui est renforcé par l’engagement des intellectuels. Ainsi on recense plus de 450 manifestations dans plus de 350 localités entre le 7 et le 12 février 1934 : un sursaut républicain. Là aussi, les clivages sont importants ; différentes plumes sont fascinées par le fascisme ou l’Action française comme Pierre Gaxotte, mais d’autres intellectuels ont un rôle moteur dans la mobilisation antifasciste. Le 5 mars 1934, le philosophe Alain, l’ethnologue Paul Rivet et le physicien Paul Langevin, respectivement proches du parti radical (centre gauche), de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) et du Parti communiste français, lancent le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). En animant des conférences, des débats, en publiant des articles, des brochures et des pétitions, ils mettent leurs talents au service de la défense de la République. Les intellectuels ont alors constitué un laboratoire de mobilisation antifasciste, à côté des organisations traditionnelles d’encadrement des masses (partis, syndicats et associations), mais aussi et surtout, une véritable passerelle entre ces organisations. « Printemps des comités » L’impulsion du mouvement rencontre d’autres formes de mobilisation à l’échelle locale, le « printemps des comités » (février-juin 1934) selon la belle formule de l’historien Gilles Vergnon. Dès lors, l’élan ne vient pas seulement de la riposte parisienne (des 9 et 12 février), mais bien d’une dynamique province/Paris qui souligne avec force la peur que suscite l’action des ligues qui est rapprochée des manifestations de rue des fascistes, des nationaux-socialistes… L’antifascisme prend alors un contour particulier ; il s’agit de dénoncer la violence des ligues, leur antiparlementarisme. Après l’accord SFIO-PCF en juillet 1934 (le pacte d’unité d’action est signé officiellement le 27 juillet), les radicaux rejoignent l’alliance à l’automne 1934. C’est le début du rassemblement populaire. Ce mouvement s’étend et le 14 juillet 1935 scelle véritablement le « baptême » du Front populaire. La fête nationale permet aux organisateurs de mobiliser les masses. Des centaines de milliers de participants, aussi bien à Paris qu’en province, affichent leur adhésion au Front populaire. Partout en France des cortèges se forment. À la fin du parcours, on prête serment, à l’image des révolutionnaires de 1789, on inscrit ainsi la solennité du mouvement dans le panthéon républicain : « Nous faisons le serment solennel de rester unis, pour défendre la démocratie, pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour mettre nos libertés hors d’atteinte du fascisme. Nous jurons, en cette journée qui fait revivre la première victoire de la République, de défendre les libertés démocratiques conquises par le peuple de France, de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et au monde entier la grande paix humaine. » Manifestation du 14 juillet 1935, Paris, place de la Bastille. Agence Meurisse/Gallica/BnF) Dans l’euphorie du mouvement, on commence alors l’élaboration d’un programme du Rassemblement populaire constitué par les organisations ayant participé à la manifestation. L’élan du 14 juillet 1935 est transporté à Moscou au VIIe Congrès de l’Internationale communiste (25 juillet–30 août 1935), où la délégation française donne le ton et le nouveau dirigeant Georges Dimitrov lance alors officiellement la ligne de front populaire antifasciste. Au sein de ce moment « Front populaire », la réunification de la CGT caractérise la première réussite du mouvement ouvrier et sans doute l’élément le plus déterminant pour comprendre sa mise en œuvre. Ce fut un long chemin qui se concrétise au congrès de l’unité à Toulouse, du 2 au 5 mars 1936. Ce moment marque la réunification des deux branches rivales nées de la scission de 1921 entre CGT (réformiste) et CGTU (U pour unitaire). « Pain, Paix, Liberté » L’autre réussite est la victoire électorale. Pour les élections législatives du printemps 1936 (avril-mai), chaque formation de la coalition présente ses candidats sur un programme « Pain, Paix, Liberté » et la discipline républicaine joue très largement au second tour. Le candidat du Rassemblement populaire arrivé en tête au 1er tour est soutenu par ses alliés et les désistements accentuent la dynamique. Le Comité national du Rassemblement populaire et les directions des partis appellent à un report de toutes les voix du Front populaire sur le candidat le mieux placé. Le mode de scrutin (uninominal à deux tours) amplifie la victoire de la gauche, avec une nette victoire de la SFIO. Sur les 608 sièges, celle-ci en obtient 146 (+ 49 par rapport à 1932), devançant les radicaux (116 sièges) et le PCF gagne 62 sièges par rapport à 1932 (72 députés) : la coalition rassemble au total 369 députés avec les autres petites formations. Il faut ajouter également les députés des petites formations ; à la gauche de la SFIO, 10 députés du Parti d’unité prolétarienne et à la droite de la SFIO, 26 députés de l’Union socialiste républicaine. Toutefois, les droites, avec 222 sièges, se maintiennent ; la majorité dépend de l’attitude de l’USR (Union socialiste républicaine) et des radicaux, dont l’ancrage à cette alliance de gauche est récent : quelques semaines auparavant, ils gouvernaient avec les droites… C’est le rôle pivot du parti radical tout au long de la IIIe République (1875 à juillet 1940). D’autre part, entre les deux tours (26 avril et 3 mai), la CGT avait mobilisé lors du 1er mai, et de nombreux syndicalistes ont été licenciés, conduisant à un mouvement de grève sans précédent, avec occupation d’usines, en soutien au gouvernement de Léon Blum. L’expérience gouvernementale de Léon Blum est une nouveauté : c’est la première fois qu’un socialiste est chef de gouvernement et surtout, il accélère le calendrier parlementaire. Congés payés et semaine de 40 heures N’oublions pas que dès son arrivée au pouvoir, le 6 juin 1936, il entame les négociations entre son gouvernement, le patronat et la CGT pour déboucher sur les accords Matignon. Ces accords historiques permettent l’instauration du délégué du personnel, les libertés syndicales, une augmentation généralisée des salaires la mise en place d’un salaire minimum. La mise en œuvre des congés payés, mais également la semaine des 40 heures changent la vie des ouvriers participant au mythe vivant du Front populaire. Les Français racontent leurs premières vacances en 1936 (Archive INA). Un État régulateur et interventionniste En montrant comment le gouvernement intervient dans la vie quotidienne – en proposant la concertation entre patronat et syndicats au moment des grèves, ce qui est une nouveauté –, le Front populaire donne un rôle régulateur et interventionniste à l’État, ce qui ouvre une ère nouvelle. C’est bien un moment fondateur du modèle républicain, ce qui ne dépolitise en rien son message et son héritage. Reste que le ciment du Front populaire, c’est l’antifascisme, même si la non-intervention dans la guerre civile espagnole reste une plaie béante dans le bilan politique du gouvernement. Au printemps 1938, les radicaux abandonnent l’alliance pour gouverner au centre droit, marquant la fin du Front populaire. Ce court moment a toutefois largement changé la vie du peuple de France. Jean Vigreux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche. ... The Conversation 10 hr
Législatives : la course à l’échalote des promesses budgétaires et fiscales CC BY-ND  — Programme économique ou bonneteau ? ShutterstockAprès la décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale et de procéder à de nouvelles élections, le champ politique français apparaît organisé autour de trois blocs : le camp présidentiel avec le slogan Ensemble pour la République, une coalition des forces de gauche intitulée le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national. Quant aux Républicains, après leur score de 7 % aux élections européennes et leur division en trois factions, ils ne semblent plus en mesure de peser réellement sur la vie politique française. Restent donc trois forces qui, en vue des élections législatives, viennent de présenter leur programme pour la XVIIe législature de la Ve République. Ces trois forces ont développé, avec plus ou moins de précision et de détails, leur programme économique et budgétaire mais chacun semble faire fi, avec plus ou moins d’intensité, du monde réel. Le retour de balancier et le réveil pourraient être cruels pour des électeurs qui n’auront eu finalement que peu de temps pour faire leur choix. Mais il est vrai que la maîtrise de la science économique n’est pas le point fort des Français préoccupés avant tout par leur pouvoir d’achat à court terme. Trois camps en lice pour Matignon Selon les derniers sondages, trois blocs hétérogènes peuvent prétendre, après le 7 juillet, conduire le gouvernement qui selon l’article 20 de la Constitution « détermine et conduit la politique de la Nation ». Le Rassemblement national en tête des sondages avec environ 32 % des intentions de vote a le vent en poupe. Il est en outre favorisé par le mode de scrutin qui renforce le parti hégémonique et peut même rêver d’une majorité absolue avec les troupes de son allié supplétif, Éric Ciotti. Pour asseoir sa crédibilité et espérer gagner les indécis, le RN a sérieusement édulcoré son programme budgétaire depuis la dissolution. Ainsi, le parti dirigé par Jordan Bardella repousse désormais dans un second temps, indéterminé, des mesures coûteuses comme l’abrogation de la réforme des retraites, l’exonération de cotisations patronales sur une hausse des salaires de 10 % (jusqu’à 3 smic) ou l’exonération d’IR des jeunes actifs. À lire aussi : Le programme budgétaire du RN est-il crédible ? Inversement, les partis qui composent l’actuelle majorité présidentielle réunis sous la bannière Ensemble ont nettement desserré les cordons de la bourse et abandonné l’hymne à la rigueur budgétaire vantée encore tout récemment par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, pour respecter le Pacte de stabilité européen et rassurer les marchés. À gauche la nouvelle Union populaire écologiste et sociale s’est reconstituée dans l’urgence sous l’étiquette du Nouveau Front populaire en rassemblant des éléments hétéroclites encore plus disparates que lors des législatives de 2022 puisque, sous cette bannière, on trouve aussi bien François Hollande en Corrèze que Philippe Poutou du NPA dans l’Aude. Le programme budgétaire et fiscal est plus à gauche qu’en 2022, et même qu’en 1981, même s’il n’est plus question de nationalisations d’entreprises du secteur industriel ou financier. Il a été qualifié à juste titre par ses auteurs de programme de rupture. Pour répondre à la principale préoccupation des électeurs, le pouvoir d’achat, les trois camps rivalisent de propositions. Le RN se focalise sur le prix de l’énergie Le Rassemblement national veut, dès la séance inaugurale de la prochaine Assemblée nationale le 18 juillet, faire passer sa mesure phare déjà annoncée en 2022 : une baisse massive de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 % (qui coûterait 10 milliards d’euros) et sur le gaz et l’électricité (7 milliards). Le coût global en année pleine de ces mesures s’élèverait dont à 17 milliards d’euros. Cette mesure profiterait à tous les conducteurs, français et étrangers, particuliers et routiers, mais aussi aux distributeurs qui ne répercuteront sans doute pas la totalité de la baisse de la taxe sur les prix proposés aux consommateurs. Pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages, il serait préférable de ressusciter en le ciblant par exemple sur les actifs en dessous d’un certain revenu, le défunt chèque carburant actuellement en pause en dessous de 2 euros le litre ou d’augmenter le chèque énergie ce qui n’est pas très difficile à mettre en œuvre et coûterait bien moins cher. Pour financer la mesure, le RN veut supprimer une disposition fiscale réservée aux armateurs dont le coût est estimé à 5,6 milliards en 2024. Cette mesure très décriée est pourtant destinée à lisser l’imposition d’une activité très volatile, puisque le cours du fret est passé de 1 000 dollars avant le Covid à 20 000 dollars le conteneur au moment de la guerre en Ukraine. C’est pourquoi sa suppression rapportera beaucoup moins en moyenne sur plusieurs années. Cette disposition fiscale permet en outre au pays de disposer dans un secteur très compétitif d’un des trois géants du commerce maritime mondial, CMA-CGM dont le siège est à Marseille. En revanche, l’idée d’exonérer d’IR les médecins retraités qui accepteraient de reprendre du service, si elle est marginale, est originale, utile et peu coûteuse. Un programme de rupture assumé par le Nouveau Front populaire De son côté, le Nouveau Front populaire veut prendre vingt actes de rupture, dès les deux premières semaines de la législature, tous axés sur le pouvoir d’achat des ménages. Avec le blocage des prix des biens de première nécessité dans l’alimentation, l’énergie et les carburants, sont prévus l’abrogation pure et simple de la réforme des retraites, l’augmentation des fonctionnaires (soit 30 milliards selon le think tank de gauche Intérêt général), du minimum vieillesse de 10 % et du smic de 200 euros pour atteindre 1600 euros nets. En année pleine, cela représente un coût global d’au moins 40 milliards (le nombre de smicards a progressé de 50 % en 2 ans). Le programme prévoit aussi l’augmentation du minimum contributif jusqu’au niveau du salaire minimum et un minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté. Viendraient ensuite dans les cent jours « les bifurcations » et enfin les mois suivants « les transformations », comme l’indexation des retraites sur les salaires et celle des salaires sur les prix, une mesure pourtant abandonnée par la gauche au pouvoir en… 1983, au moment du tournant de la rigueur. Bref le coût total de ces mesures atteindrait rapidement entre 150 et 200 milliards par an, ce qui laisse planer quelques doutes sur sa faisabilité, toutes choses égales par ailleurs. Le financement de ces mesures passerait par la fin des contraintes de maîtrise du déficit public contenues dans le Pacte de stabilité européen. La fiscalité augmenterait significativement pour les privilégiés dès le 4 août (en référence explicite à l’abolition des privilèges de 1789) via l’accroissement de la progressivité de l’impôt sur le revenu qui passerait à 14 tranches (comme en 1983) la progressivité du taux de la CSG, un ISF renforcé avec un volet climatique, la fin de la flat tax, le rétablissement de l’exit tax et une réforme de l’impôt sur les successions pour le rendre plus progressif tout en instaurant un héritage maximum… Dans la même veine, prétendre taxer, sous l’impulsion de l’économiste Gabriel Zucman, dès mi-juillet, les ultrariches est totalement illusoire du fait d’un prévisible exode massif et immédiat. Comme nous l’avons déjà démontré à plusieurs reprises notamment sur ce site dans un monde ouvert, réduire la base taxable ne peut que diminuer le rendement des impôts et affaiblir l’économie du pays. À la différence des deux autres blocs qui se revendiquent pro-business, le Nouveau Front populaire réduirait les allégements de cotisation des entreprises et alourdirait leur fiscalité de diverses manières, notamment via une taxation renforcée des transactions financières et la taxation des « superprofits des agro-industriels et de la grande distribution ». Le camp présidentiel lâche du lest Dans la course à l’échalote des dépenses publiques, le camp présidentiel a confirmé la publication d’un décret durcissant les conditions d’accès à l’assurance chômage au 1er juillet contre l’avis du RN et du Front de gauche, mais prétend sanctuariser les retraites en les indexant sur l’inflation. Ensemble pour la République veut également élargir significativement la prime de partage de la valeur (ou PPV, plus connue sous le nom de prime Macron) qui passerait de 3 000 euros maximum à 10 000 euros toujours sans charges sociales, ce qui réduirait d’autant le financement de la sécurité sociale mais en la soumettant à l’IR. [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] Les factures d’électricité baisseraient de 15 % l’hiver prochain soit environ 200 euros par ménage, un complémentaire santé publique à 1 euro par jour serait créé pour ceux qui ne sont pas couverts par la complémentaire gratuite ou à prix réduit et une volte-face est prévue pour relancer le leasing social pour les véhicules électriques. Cette fois, il serait ciblé sur les personnels soignants. Enfin, l’exonération des frais de notaire pour l’achat de biens inférieurs à 250 000 euros (soit une économie de 10 000 à 20 000 euros par achat) est destinée à relancer le marché immobilier. De fortes contraintes juridiques et économiques Quels que soient le ou les vainqueurs, le principe de réalité va rapidement s’imposer. Il prendra d’abord la forme du droit car le Conseil constitutionnel censurerait évidemment toute velléité d’instaurer un héritage maximum au visa, entre autres de l’article 2 de la Déclaration des droits. La réduction de la TVA sur les produits énergétiques est contraire au droit de l’UE et exposerait la France à une amende car ces taux sont harmonisés précisément pour éviter tout dumping, les carburants étant explicitement exclus des taux à 5,5 % depuis 2022 pour faciliter l’agenda de décarbonation et l’interdiction des véhicules thermiques neufs en 2035. Le second risque est bien connu : il s’agit de l’économie puisque la hausse des charges sur les entreprises voulue par le Nouveau Front populaire est critiquée par le Medef qui fustige l’irrationalité des mesures et par le CGPME qui dénonce le retour d’une économie administrée et un scénario budgétaire identique à celui de la Grèce. Ils estiment que ces mesures entraîneraient très rapidement une flambée du chômage à court terme. Les enfants chéris du macronisme ne sont pas en reste puisque la French Tech s’inquiète d’une hémorragie de talents et de capitaux étrangers. Le mur de la dette Enfin, le troisième risque est bien sûr financier. Comme nous l’avons rappelé à plusieurs reprises sur ce site depuis le début de l’année, la France arrive au terme des 44 dispendieuses ou 44 années d’indiscipline budgétaire. Malgré la résilience d’une économie riche et diversifiée, la persistance d’un déficit public supérieur à 5 % et d’une dette de 110 % du PIB réduit à néant les marges de manœuvre budgétaires dont disposait encore le programme commun de la gauche en 1981. À l’époque, le gouvernement de Raymond Barre avait laissé des comptes publics à l’équilibre et une dette de seulement 20 % du PIB alors qu’en juin 2024 la Commission européenne va déclencher une procédure pour déficit excessif contre la France. Malgré les promesses des uns et des autres, le 9 juin 2024 pourrait ainsi marquer la date symbolique de la fin de l’insouciance budgétaire. Éric Pichet ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche. ... The Conversation 10 hr
Pourquoi y a-t-il quatre saisons, et pas trois ou cinq ? CC BY-ND  — De gauche à droite, _Le Printemps_, _L'Été_, _L'Automne_, _L'Hiver_, quatre tableaux peints entre 1563 et 1573 par Giuseppe Arcimboldo Académie royale des Beaux-Arts Saint-Ferdinand (Madrid)., CC BYOn les apprend dès le plus jeune âge, on écoute ensuite poètes et musiciens s’efforcer d’égayer la froideur de l’hiver, se réjouir du retour du printemps, se délecter de l’arrivée de l’été, et sublimer mélancoliquement les feuilles mortes de l’automne. Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il y avait quatre saisons ? La mesure du temps, à la confluence de l’astronomie et de l’arbitraire Les termes que nous utilisons pour mesurer l’écoulement du temps sont nombreux et d’origine variée. Parfois, ces choix sont arbitraires : on a décidé de diviser la journée en 24 heures, on aurait pu faire un autre choix. On a choisi d’appeler « semaine » une durée de sept jours, suivant ainsi la création du monde dans la tradition biblique, mais en France, le calendrier républicain, mis en place le 21 septembre 1792 et abrogé par Napoléon en 1806, avait une semaine de 10 jours : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi ! Mais parfois les choix ont un fondement objectif, astronomique en particulier : ainsi l’année correspond à la durée de la révolution de la Terre autour du Soleil, et le mois est lié à la durée de la révolution de la Lune autour de la Terre. Qu’en est-il des saisons ? Pourquoi quatre ? La compréhension moderne de ce nombre est essentiellement de nature astronomique. Voyons cela. La Terre est animée d’un double mouvement : une trajectoire plane autour du Soleil, qu’on appelle l’écliptique, et un mouvement de rotation sur elle-même autour de l’axe sud-nord. Il se trouve que cet axe, dont la direction peut être considérée comme fixe lorsque la Terre se déplace sur son orbite, fait un angle d’environ 23 degrés avec la perpendiculaire au plan de l’écliptique. La Terre tourne donc autour du soleil avec l’axe des pôles incliné par rapport à l’écliptique. Description de l’inclinaison de l’axe de la Terre (obliquité) et son rapport aux plans de l’écliptique, à l’équateur céleste et à l’axe de rotation. La Terre est présentée telle que vue depuis le Soleil et la direction de son orbite est dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (elle part donc vers la gauche). AxialTiltObliquity.png, CC BY Les solstices et équinoxes comme marqueur du passage des saisons Il en résulte que, vue d’un point du globe terrestre, la trajectoire apparente du Soleil dans le ciel change au cours de l’année. Le Soleil se lève toujours à l’est et se couche toujours à l’ouest, mais il monte plus haut dans le ciel en été qu’en hiver. Du coup, la durée du jour s’allonge quand on va vers l’été et se raccourcit lorsqu’on va vers l’hiver. Le jour le plus long de l’année est appelé solstice d’été, il advient le 21 juin, et le jour le plus court s’appelle solstice d’hiver, il advient le 21 décembre (il peut y avoir un jour de décalage dû aux années bissextiles). Entre ces deux moments extrêmes existent naturellement deux jours où la durée de la nuit est égale à celle du jour : ce sont les équinoxes (du latin aequus, égal, et nox, nuit). Équinoxe de printemps lorsque la durée du jour est en augmentation (le 21 ou le 22 mars selon les années), équinoxe d’automne lorsque la durée est en diminution (le 22 ou le 23 septembre selon les années). C’est aussi le jour où le Soleil passe à la verticale de l’équateur. Les saisons se répartissent entre ces quatre moments particuliers de l’année, d’où… le nombre de saisons, tout simplement ! L’agriculture, un autre puissant marqueur du temps qui passe Il convient à présent de remonter le cours du temps, et de constater que cette explication astronomique n’a pas toujours prévalu – comme on peut s’en douter. Mais les phénomènes, eux, ne dépendent pas de la connaissance qu’on en a ( !), et leurs effets sur les pratiques agricoles ont été repérés dans toutes les civilisations, et ils ont servi, y compris pour les pratiques religieuses. Ainsi, en Égypte ancienne, les crues du Nil étaient déterminantes pour les cultures, si bien que l’année était divisée en trois saisons de quatre mois chacune : akhet, période des inondations, peret, décrue des eaux, et chémou, période chaude des récoltes. Chez les Assyriens du début du IIe millénaire, également trois saisons (printemps, été, hiver) définies par les tâches agricoles à accomplir. Il est également amusant de constater que la première mention du 25 décembre comme jour de naissance de Jésus date de l’an 336, et qu’elle récupère la fête, traditionnelle à l’époque, du Sol invictus (le Soleil invaincu), célébrant le début du rallongement de la durée du jour. À lire aussi : Pour les Mayas, les éclipses solaires étaient le signe d’affrontements entre les dieux Prendre l’agriculture comme marqueur du temps qui passe peut aujourd’hui nous sembler éloigné, mais on en garde toujours une trace dans l’étymologie même de saison, qui vient du latin stationem, substantif désignant « action de semer ». De façon plus anecdotique, on retrouvera également cette forte importance de l’agriculture dans la mesure du temps à travers les nombreux dictons associés au saint du jour, et donnant des indications sur les récoltes, les semences et les cultures. Ainsi l’on dira « À la sainte Catherine, tout bois prend racine », indiquant par-là que le 25 novembre est une date à retenir pour planter un arbre. [Déjà plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd’hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.] À l’heure du réchauffement climatique : des nouvelles saisons ? Mais ces dernières décennies, les récoltes ont pu être malmenées par la réalité du changement climatique, du fait des perturbations du cycle de l’eau. En effet, une augmentation de la température moyenne du globe de 1 °C induit une augmentation de la teneur en vapeur d’eau de l’atmosphère de 7 %. On s’attend également à ce que les zones tempérées deviennent plus arides, les zones arides plus désertiques et certaines zones tropicales inhabitables. Ainsi certains titres de presse ont pu être tentés de nommer, par exemple, « sur-été » ou « été indien » ces automnes à la chaleur et à la sécheresse inédites, voire même de se demander si l’on ne devait pas parler désormais de cinq saisons ou si l’hiver n’avait pas tout simplement disparu. Mais il est tout de même peu probable que cela change la dénomination des saisons : elle est trop enracinée dans notre culture, comme en témoigne l’œuvre universellement connue de Vivaldi, le musicien, et celle, non moins connue, du peintre Arcimboldo ! Jacques Treiner ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche. ... The Conversation 10 hr
Comment Lego a envahi le marché des jouets à construire pour adultes CC BY-ND  — Pour construire ce lego de 9090 pièces, il vous faudra débourser près de 700 €. En 2023, Lego a déclaré 8,8 Milliards d’euros de chiffre d’affaires. Si l’on considère que le marché international du jouet a pesé 168 milliards d’euros en 2023, cela représentait environ 5,25 % de parts de marché. Pour partie, ce succès s’explique par la diversification que la marque danoise a su opérer en produisant des jeux vidéo (Lego Star Wars, Lego Batman…), des films (The Lego Movie…), des émissions télévisées (Lego Masters…), etc. Si des parents peuvent acheter des Lego à leurs enfants par nostalgie, certains adultes en font une consommation personnelle. Ainsi, en 2021, les adultes étaient 20 % à s’offrir les petites briques en plastique. Pour accompagner cette demande, la marque propose désormais des boîtes à destination des publics 18+, avec la collection « Lego Architecture » proposant de reproduire des monuments comme le Colisée de Rome, Notre-Dame de Paris, « Icons » avec la tour Eiffel, le Titanic, la fusée Artémis, le Concorde, ou encore des objets vintage comme un poste de radio des années 50, une borne d’arcade Pac-Man. Un lien de parenté avec les puzzles ? Est-ce un phénomène si surprenant ? Assembler des briques en plastique pour reproduire un modèle, cela revient finalement à faire un puzzle. Quand on sait que les boîtes de puzzles classiques comptant plus de 1 000 pièces s’adressent généralement aux adultes, pourquoi en serait-il autrement pour du Lego ? Cette parenté avec les puzzles se retrouve à plusieurs niveaux comme l’affichage du nombre de pièces sur chaque boîte de Lego destinés aux 18+. Par exemple, la boîte « World Map » comporte 11 695 pièces. Issu de la série « Lego Art », c’est pour l’instant l’article qui compte le plus de briques. « World Map » propose aussi de reproduire une carte du monde en mode plan. La reproduction terminée, il est également possible de l’encadrer et de l’accrocher au mur comme peuvent le faire certains « puzzleurs ». Mais avec Lego, des notices explicatives sont fournies pour suivre pas à pas les différentes étapes. Or, le puzzle induit de se perdre dans les méandres d’une image, de ses différentes nuances de couleurs, de positionner des pièces en se fiant à leurs différentes formes, pour tâcher petit à petit de reproduire le modèle présenté. Avec « World Map », il s’agit sans doute d’un moyen de se détendre via des tâches répétitives. En effet, cette référence propose via un QR code d’accéder à une bande-son composée de témoignages de voyageurs à écouter tout en réalisant la carte du monde. Le phénomène des licences Avec d’autres modèles, comme la tour Eiffel ou le Colisée de Rome par exemple, on bascule dans des puzzles en 3 dimensions. Le défi se corse : il faut faire appel aux rotations mentales pour emboîter les briques aux bons endroits. La perception du jeu étant finalement une affaire subjective. Une fois le modèle terminé, il y a deux possibilités la démonter et remettre toutes les pièces dans la boîte ou la conserver intacte et pourquoi pas l’exposer. Un autre levier entre alors en jeu : la collection. Lego propose bon nombre de licences comme notamment celle de Star Wars, la plus ancienne. Lancée en 1999, c’est aussi la plus prolifique. Elle compte à ce jour près de 950 références et plus de 1400 figurines. Cette diversité conduit de nombreux adultes passionnés à exposer de tels objets chez eux ou sur les réseaux sociaux. Parmi les nombreuses associations francophones fédérant les joueurs de Lego, certaines, sont spécialisées dans la licence Star Wars. Cela permet au millier de membres de partager leurs collections. En parallèle, la fidélisation de Lego va jusqu’à offrir aux clients VIP des figurines ou autres produits exclusifs pour assoir cette dynamique de collection. Le tout est appuyé par des influenceurs qui partagent l’actualité autour de Lego et ses nouvelles références. Notons que certains acquéreurs conservent précieusement les différentes boîtes de la licence Star Wars sans jamais les ouvrir. Il s’agit ainsi de spéculer sur la montée des prix lorsque certaines références deviennent introuvables à la vente. Des études montrent que les taux de rendement peuvent atteindre les 11 %. Ce qui est plus lucratif que miser sur le cours de l’or. Lego n’hésite pas à jouer sur ce registre avec sa gamme « ultimate collector series » pour signifier la rareté du produit. Ce qui permet à la société danoise de justifier des tarifs élevés pour de telles références. Si l’on met de côté les aspects spéculatifs, associer les licences Star Wars et Lego permet de convoquer deux madeleines de Proust simultanément. Ce qui se traduit par un renforcement de la dynamique d’achat pour les deux marques. Aux dioramas qui proposent de reconstruire des scènes cultes issus des différents films se rajoutent les jeux vidéo Lego Star Wars. Six titres réalisés entre 2005 et 2022 proposent de rejouer de manière interactive les différents épisodes du space opera hollywoodien. Les joueurs peuvent incarner différentes figurines Lego à l’effigie des personnages de la saga qui prennent place dans des décors et engins dont la grande majorité sont des références disponibles au catalogue. Les ventes cumulées de ces différents titres vidéoludiques totalisent un peu plus de 45 millions d’exemplaires à travers le monde. Parmi les joueurs, on compte à la fois des enfants et des adultes. Ainsi, on peut voir à travers de tels jeux vidéo une manière de prolonger chez les enfants l’activité de jouer aux Lego. Une telle transition est stratégique sur au moins deux points. D’abord, dès l’âge de 8 ans, un rapport de l’Ofcom indique que la consommation-écran et des jeux vidéo deviennent une activité prépondérante chez les enfants. Ce qui peut se traduire par délaisser les jouets traditionnels au profit des jeux numériques. En se déployant sur les jeux numériques, Lego permet ainsi d’accompagner les transitions ludiques des enfants. Un autre aspect stratégique réside dans le fait de faire connaître la marque aux enfants. En effet, être exposé à une marque durant l’enfance, notamment avant l’âge de 16 ans, aurait de fortes chances de se traduire par une fidélisation à l’âge adulte. Dans un contexte où plusieurs pays, dont notamment le Danemark, règlementent voire interdisent la publicité à destination des enfants pour des raisons éthiques, le fabriquant doit trouver d’autres moyens de faire connaître ses produits et sa marque tout en restant dans un cadre légal. Sur ce plan, faire des parents des prescripteurs de la marque peut s’avérer un atout. C’est pourquoi le marketing de Lego valorise les activités familiales comme l’illustre par exemple l’étude Lego Play Well qui met en avant les atouts de jouer avec les briques, notamment sur le plan des apprentissages. L’emploi de licences comme Star Wars, mais aussi Harry Potter, Marvel Super Heroes, Disney, Jurassic World, Indiana Jones, etc., jouent le rôle de catalyseurs pour favoriser l’entrée des parents via la fibre nostalgique. Ils peuvent partager à leurs petits les souvenirs d’enfance en lien avec les jeux Lego et les plaisirs associés aux histoires que portent les différentes licences cinématographiques. La dimension créative S’il est possible de créer librement à partir de n’importe quel set de briques, la société danoise propose également la gamme « Lego Classic » pour appuyer la démarche. Ces packs mettent en avant des pièces variées et quelques illustrations de réalisations possibles en guise de sources d’inspiration. Des magasins Lego proposent également des lieux pour se poser et utiliser librement des briques en vrac. Enfants et adultes peuvent ainsi laisser libre cours à leur imagination en créant leurs propres modèles. Certains passionnés adhèrent à des associations, voire s’inscrivent à Lego Masters. Dans cette émission télévisée, il s’agit de créer des modèles inédits en binôme avec des directives et des thématiques, dans un temps donné : par exemple produire un engin volant qui fera la plus belle explosion colorée en s’écrasant au sol. La créativité est un levier d’engagement puissant que l’on retrouve dans les activités de co-design en entreprise. L’idée étant d’inviter les collaborateurs à proposer des idées pour susciter de l’innovation ou encore solutionner des situations complexes (résolution de problèmes, développement stratégique…) en mettant en commun des approches et des expériences issues de profils différents : c’est le « Design Thinking ». Les briques Lego peuvent être utilisées dans ce registre. Ainsi, le programme Lego Serious Play propose depuis 2002 des méthodes Lego dans le cadre de séminaires impliquant du Team Building, des Hackathons voire des formations. Le fait d’utiliser les Lego au travail permet d’une certainement manière aux adultes de s’approprier de nouveau les briques en plastique au travers d’usages productifs. En parallèle, Lego cherche à valoriser ses fans au regard de sa créativité. En effet, l’absence de reconnaissance pourrait être source de frustration. C’est sans doute pourquoi l’entreprise danoise propose un programme appelé « Lego Idea ». Il s’agit pour la communauté de proposer des idées de modèles à la société danoise. Si des propositions recueillent 10 000 soutiens, alors elles sont étudiées pour potentiellement en faire une référence commercialisée. Un autre levier de création nous vient également du jeu vidéo. Minecraft compte parmi les titres vidéoludiques les plus vendus au monde avec plus de 300 millions d’exemplaires écoulés entre 2009 et 2023. À l’aide de blocs que le joueur doit se fabriquer, ce titre permet de construire plein d’éléments dans un environnement virtuel qui peut s’ouvrir à du multijoueur. Minecraft a réussi à transposer le plaisir créatif éprouvé avec des constructions Lego dans le secteur du jeu vidéo, et les deux marques se ont associées en 2012 avec les premières références Lego Minecraft, une licence qui continue à se développer, issue de la communauté Lego Idea. Une stratégie payante La relaxation, la collection, la nostalgie, la spéculation et la créativité sont des leviers d’engagement sur lesquels Lego s’appuie. L’entreprise danoise joue habilement sur le plan marketing pour continuer à étendre ses parts de marché en ciblant notamment la famille et les adultes. L’idée étant de faire des adultes des prescripteurs de la marque. L’association de licences issues des industries cinématographiques et vidéoludiques visent à renforcer les échanges intergénérationnels. En parallèle, les adultes offrent l’avantage d’un pouvoir d’achat plus important que les enfants. Aspect économique que Lego a bien identifié au regard des tarifs plus élevés que présentent les références pour adultes. Actuellement, le marché des adultes devient sans doute l’un des principaux leviers de croissance économique pour Lego : David Beckham, qui se met en scène sur les réseaux sociaux en train de jouer aux Lego semble prouver cette hypothèse. Julian Alvarez ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche. ... The Conversation 10 hr